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C’est quoi, un ingrédient aphrodisiaque ?

Depuis le milieu du XIXème siècle, l’emploi archéologique de ce mot – qui signifie « en rapport avec la déesse Aphrodite » – sert surtout à qualifier les substances qui excitent le désir sexuel. On s’amusera d’apprendre que le mot a été utilisé à la fin du XVIIIème siècle comme synonyme de « vénérien » (1793). Ainsi, la « maladie d’amour » que chantait Michel Sardou en 1973 est sans doute bien éloignée des « maladies aphrodisiaques » évoquées dans les manuels de médecine deux siècles plus tôt !

L'emploi du substantif « un aphrodisiaque », est désormais très courant tandis que la « phrodisie », un mot qu’on trouvait dans le Larousse en 1928, a été abandonné – il désignait l’appétit sexuel en général.

Les incontournables

Le chocolat noir. Depuis sa version antique – celle des Aztèques, la boisson xocoatl associée à la déesse de la fertilité – qui était utilisé contre la fatigue, le chocolat a été très tôt rangé dans la catégorie des excitants (on découvrit sur le tard qu’il contient de la théobromine ; si ce nom ne vous dit rien, vous avez déjà entendu parler de la caféine, dans le même genre). Presque tout le monde aime le chocolat, et c’est une bonne nouvelle car c’est aussi grâce à la dopamine, neurotransmetteur du plaisir immédiat (qu’il s’agisse d’un aliment, une cigarette ou de plaisir sexuel), qu’on le trouve dans nombre de potions magiques visant à accroître ou stimuler le désir. A 36 calories le carré, pourquoi se priver, en plus, de sa haute teneur en minéraux magnésium, phosphore, zinc, potassium, fer ?...

>> Pas de débat : le moelleux ou, pour les spécialistes, le soufflé. Si déjà la gourmandise est assurée, le contrat est à moitié rempli !

Le champagne. Ce vin qui, historiquement, n’était pas destiné à être pétillant – on dit que Dom Pérignon a d’abord combattu les bulles de son vin avant d’en assumer, du bout des lèvres, la paternité –, a fait la gloire de vignobles français, la fortune des négociants en vin et la réputation d’éternels amoureux des Français : la légende voudrait que les bulles montent rapidement à la tête et que le pouvoir désinhibant naturellement associé à l’alcool soit ainsi plus rapide. Pas de quoi, sans doute, révolutionner l’amour mais juste assez d’effet pour donner à une soirée en amoureux une autre tournure.

>> un cocktail « royal », c’est-à-dire partout où le champagne peut remplacer un tonic ou une eau gazeuse !

Les compléments alimentaires et superaliments

Le guarana et le ginseng sont deux ingrédients qui entrent, la plupart du temps, dans la composition de cocktails variés, autant vendus en pilules stimulantes qu’en cure contre la fatigue. S’il est à peu près certains qu’ils contiennent des vitamines, enzymes et acides aminés qui jouent sur le tonus général, voire, qui vous donnent un regain d’énergie, leur effet sur la libido et le désir tient de la méthode Coué, bien qu’un supplément d’énergie puisse être parfois le bienvenu au cœur de l’hiver ! Un peu comme un raclette, mais pas pareil…

>> un milkshake de sportif à la banane !

Terre et mer

L'asperge ? Mais oui, même si elle est surtout connue pour l’odeur qu’elle donnerait à notre urine. Pourquoi ce conditionnel ? seuls 40 à 70% des personnes testées après avoir mangé des asperges auraient des urines asparigineuses (un mot rigolo pour égayer une Saint Valentin érudite). En outre, il existe non pas deux mais quatre groupes de personnes :  selon qu’on produit l’odeur ou pas, et selon qu’on la décèle ou pas. Au-delà de ça, l’asperge stimulerait la production de testostérone chez l’homme et pourrait, selon un subtil mécanisme lié à la vasoconstriction des fibres musculaires de l’utérus, améliorer la qualité et accroître l’intensité de l’orgasme féminin.

>> des asperges avec une sauce hollandaises onctueuse

La sauge est supposée aphrodisiaque pour la femme car elle améliorerait la production d’œstrogènes en stimulant ceux des organes qui en fabriquent. Également influente sur la production de cortisol, une hormone énergisante, il semblerait aussi qu’elle facilite le sommeil. Ainsi, le proverbe selon lequel « qui a de la sauge dans son jardin n’a pas besoin de médecin » répond bien à son étymologie latine, salvia : « qui sauve ».

>> Des beignets de sauge, un saltimbocca de veau

L’ail est réputé vasodilatateur, ce qui signifie qu’il favoriserait la circulation sanguine en participant au bon fonctionnement des vaisseaux sanguins. Bien sûr, ce conseil fumeux d’apprenti cardiologue vaut aussi bien pour tout autre muscle, organe ou corps caverneux qui aurait besoin d’un afflux sanguin de qualité… Messieurs, s’il vous vient en tête de croquer dans une tête d’ail, veillez à prendre ensuite une pastille à la menthe !

>> Une skordalia, purée de pomme de terre riche en ail, ou un ajo blanco, soupe andoulouse aux amandes également très aillée.

L'huître. Aussi prestigieuse que le champagne, que les princes et nantis du Grand Siècle consommaient à gorge déployée – jusqu’à une centaine par convive – l’huître fait l’objet de jeux érotiques très tôt, notamment grâce à Casanova, qui préconise d’« humer l'eau en gardant l'huître entre ses lèvres » pour ensuite la transmettre dans la bouche de sa partenaire dans un baiser. Plutôt que cette soupe de langues compliquée et un peu répugnante, on se contentera de cuisiner ce coquillage riche en iode, en vitamine C et en phosphore (comme la plupart des mollusques, d’ailleurs, ce qui paraît-il augmenterait la production de testostérone tout en facilitant la lubrification de l’organe génital féminin).

>> Deux classiques pour changer du plateau de Noël : les huîtres chaudes au champagne, un classique revu par la Nouvelle cuisine dans les années 70, ou les huîtres Rockefeller, au beurre persillé avec une fine couche de chapelure gratinée.

Du bout du monde

Le safran aurait des propriétés stimulantes et activerait le désir, une information à remettre dans son contexte de production : au même titre que le champagne où les huîtres, on donne plus volontiers des vertus curatrices voire, magiques à des ingrédients chers, ou rares, ou exotiques – et quand on regarde la longue liste déroulée dans cet article, on se rend compte que chacun des ingrédients évoqués ici peut rentrer, ou a pu rentrer, dans l’une de ces trois catégories…

En ces temps électoraux, il est bon de souligner qu’il existe une production parisienne de safran. Qu’il soit ou non français, assurez-vous de toujours choisir un safran conditionné en petites quantités de pistils (et non de poudre, dont l’origine peut s’avérer douteuse).

 >> dans un risotto al zafferano ! Notez qu’infuser le safran une fois pilé est la méthode qui permet de profiter au mieux de son parfum et de son goût.

Le clou de girofle est, au même titre que le gingembre et l’ail, estimé pour ses supposées qualités vasodilatatrices. Rien qui chamboule vraiment votre consommation au quotidien – surtout que son odeur rappelle plutôt le pain d’épices et le vin chaud ou, moins glamour, la dentisterie d’un autre âge. À vous de voir !

Le gingembre est sans doute le plus célèbre des aphrodisiaques, réputé pour dynamiser autant les hommes que les femmes, à divers degrés et surtout, selon diverses perceptions. Scientifiquement, il semblerait que le gingérol – un composé qui donne au gingembre son goût piquant – soit à l’origine des bénéfices réels ou supposés sur la libido des uns et des autres.

 >> en infusions, en pâtisserie, en marinades : mettez-en partout mais surtout, frais ! gardez la version en poudre pour vos mélanges exotiques à cuire (curry, sauces).

La grenade serait-elle un autre fruit de la passion ? symboliquement associé à la fertilité (sa rondeur, ses graines nombreuses), la grenade est riche en antioxydants, qu’on associe naturellement à la bonne santé cardiaque – donc le flux sanguin (faites vous-même le rapprochement). La racine autant que les graines entrent indifféremment dans la composition de pilules magiques destinés à réveiller les flux sanguins paresseux.

>> on se contentera de manger les graines fraiches dans une salade de fruits ou par-dessus le muesli de son petit déjeuner !

 

Chefsquare se décharge de toute responsabilité dans l’élaboration des recettes, l’utilisation des ingrédients et… le résultat réel ou souhaité !

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